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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 22:17

La Devèze, vue étang de Thau centrée sur Balaruc. PhotoLa connaissance historique de l’Etang de Thau s’est développée depuis que les archéologues subaquatiques se sont référés à une légende datant du IVème siècle de notre ère. En effet un poète et géographe romain du nom de Rufus Festus Avienus dans un écrit nommé Ora maritima parle d’une cité du nom de Polygium, alors « pauvre et petite cité barbare ». Avienus effectuait un périple massaliote et décrivait avec précision l’étang de Thau appelé Taurus Palus voisin du fleuve Oranus séparant les Ligures des Ibères. La montagne de Sète est également évoquée, Mons Sétius, qui s’étale jusqu’à Taphrum .Dès le début des années 1970 l’équipe de Denis Fonquerle, « lou fol pescaire de toupis », recherche cette cité engloutie et la découvre. L’étang de Thau était donc peuplé de cultivateurs dès le néolithique. Malgré la montée des eaux le site restera occupé jusqu’à l’âge du fer. Des cultivateurs plus que des pécheurs occupaient ce site mais aussi des éleveurs, en témoigne la découverte de vaisselles servant à la confection des fromages. D’après Fonquerle en 1976 il s’agissait non pas d’une citée lacustre mais d’une ville engloutie par la montée des eaux du sub-boréal. Les articles des journaux à cette époque évoquaient l’affaire avec passion. Les élément retrouvés sur place donnent une occupation du site de 3500 ans avant JC jusqu’au premier ou deuxième siècle de notre ère.

Au début des années 70 ces découvertes donnèrent lieu à un échange de propos entre ceux qui recherchaient l’origine du nom de Thau. En fait il fut très difficile de départager les avis. Les premiers donnaient une origine ligure, d’autres grecque bien sûr, vue la proximité d’Agathé Tiché (Bonne Fortune en grec). Si l’on en croit les auteurs, les Grecs nommaient l’étang Taphron, la racine Taphros évoque un chenal, une passe. Les étangs servaient déjà de voie de communication où alternaient chenaux et étangs. Pour d’autres Taphrum d’Avienus concernerait la passe entre la presqu’île du Barrou et l’île de Rouquairol. Ces passes permettaient aux étangs de communiquer entre eux et cette originalité géographique retenait déjà l’attention des anciens. Pline l’Ancien et Pomponius Mela au premier siècle appelaient cet ensemble Stagna Volcarum, c’est à dire les lagunes des Volques.

Les spéculations allèrent bon train Taphrum, Taurum, Taur, Tau et enfin Thau. On écrivait encore Tau, au XVIIème comme au XIIème.

D’autres en réaction à cette interprétation affirmèrent que le nom était en rapport avec l’étang près de la montagne, Tauri Stagnum, Taur en celtique signifierait montagne. Par analogie Lateroe Stagnum pour l’étang de Lattes signifierait l’étang de la plaine. D’autres croient que ce nom de Taur a été donné par les anciens pour signifier l’impétuosité du taureau tant les colères de l’étang sont parfois  sévères. Des monnaies grecques  présenteraient l’empreinte du lion, Sinus Leonis, Golfe du Lion, ou du taureau, Tauri Stagnum, pour peut-être l’étang de Thau, près de l’important comptoir grec de la Méditerranée nord occidentale, Agathé, Agde aujourd’hui.

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